En tant que propriétaire d'une manufacture de cigares et amatrice de longue date de Cuba, ce film est venu me chercher directement. Vasilij Ratej accompagne le protagoniste Thomas lors de son voyage au festival Habanos. Il n'en résulte pas un film publicitaire classique, mais un regard personnel et calme sur un monde de tradition et d'artisanat.
Particulièrement belles : les scènes avec Claudia Puszkar, qui fait visiter La Havane et le festival avec une grande connaissance du sujet. Son amour du cigare est palpable, sans jamais être moralisateur.
La caméra s'arrête souvent plus longtemps que d'habitude. Cela fait du bien. Cela crée de l'espace. Pour les visages. Pour les mains. Pour des ambiances.
Ce qui m'a le plus touché, ce sont les aperçus des manufactures. Les personnes qui y travaillent ont la parole. On sent le respect que le cinéaste leur porte.
La musique calme et le montage réussi le montrent également : Ici, quelqu'un a vraiment voulu raconter - et pas seulement montrer. Ratej prend son temps. C'est devenu rare.
Pour moi, ce film est un petit cadeau. Une déclaration d'amour à Cuba et à l'artisanat. Et pour tous ceux qui, comme moi, ne veulent pas seulement fumer des cigares, mais les comprendre, il vaut absolument la peine d'être vu.

